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Ces aléas qui compliquent la séparation…

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Ces aléas qui compliquent la séparation…

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La séparation est une décision positive quand elle devient nécessaire.

Cependant, les différentes étapes* qui accompagnent les partenaires vers la reprise de leur indépendance nécessitent du temps et génèrent assurément une part de souffrance. Pour ces raisons, la séparation se trouve fréquemment la cible d’attaques qui compliquent son évolution. L’idée n’est pas toujours consciente mais s’en prendre à la séparation elle-même peut masquer le désir d’un retour en arrière. Dans d’autres cas, la mettre en recul, c’est user d’un moyen par procuration pour faire souffrir celui qui s’en va. Cette attitude peut découler d’un réflexe défensif, si un partenaire s’est senti attaqué, blessé ou d’une tentative maladroite de réparation quant à sa propre souffrance : “Si je te fais mal, j’ai moins mal”.

Je vous propose de balayer ci-dessous les quatre problématiques qui peuvent entraver le processus de la séparation parce que, les identifier et les comprendre devrait vous permettre de prendre de la hauteur sur la situation afin de mieux la vivre et d’en déjouer certains pièges.

1. Le premier cas de figure est sans doute le plus conflictuel :

lorsqu’un des partenaires souffre d’un trouble de la personnalité ou d’une addiction. C’est à dire que la personne réagit toujours de la même manière, rigide, immuable et exclusivement centrée sur son besoin psychique pathologique (consommer, dominer, posséder, dépendre, s’exalter, rejeter, etc). Parmi ces profils, on trouve le fonctionnement paranoïaque avec un sentiment de persécution pathologique ou celui de la perversité à travers lequel le plaisir de la personne vient de ce qu’elle inflige comme souffrance à l’autre. Dans toutes ces situations, il faut comprendre qu’aucun compromis, aucune discussion constructive n’est possible. Pour se protéger et s’en libérer, il faudra user de stratégies dont la mise au point sera facilitée par l’aspect prévisible des comportements. Si vous êtes concernés, n’hésitez pas à échanger dans ce but avec des personnes extérieures (collègues, amis de vous seul, psychologue, avocat ou coach), sans doute plus en capacité pour prendre de la hauteur sur la situation et vous conseiller. Il vous faudra élever votre niveau de tolérance face aux événements parasites et peut-être reconsidérer vos objectifs, sans pour autant revenir en arrière. Si nécessaire, vous pouvez également faire appel à la justice pour recadrer les débordements.

2. Autre éventualité, très fréquente : la dissymétrie dans la prise de décision.

Il arrive qu’un couple se sépare d’un commun accord mais le plus souvent l’un décide et l’autre subit. La position s’avère plus aisée pour celui qui a choisi la rupture car il détient une part de contrôle et dispose de diverses motivations pour dépasser les difficultés. Il peut se sentir coupable d’être à l’origine de la douleur de son ex-conjoint mais, dans les moments de doute, penser de manière rassurante qu’un retour en arrière reste possible, “si jamais…”. Le partenaire qui subit quant à lui éprouve davantage d’affects négatifs comme la dévalorisation, le pessimisme, voire l’effondrement progressif de son humeur jusqu’à tomber en dépression. Son champ des possibles apparait plus limité. Il lui faudra redoubler d’énergie pour s’adapter à ce bouleversement affectif, ce que les gens font de manière plus ou moins efficiente. Dans une telle situation, rebooster l’estime de soi doit représenter l’objectif premier de celui qui subit. La personne doit réinvestir une dignité protectrice en affirmant son désir de distanciation vis-à-vis de son ancien partenaire.

3. La troisième problématique qui pourrait compliquer la séparation, ce sont les peurs, vieilles résurgences de nos traumatismes d’enfant :

peur de la solitude, de l’abandon, du vide, du jugement, de vieillir, etc. Soyez vigilants sur votre propre état d’esprit car la peur tente toujours de se faire passer pour une amie qui vous veut du bien. En réalité, si on l’écoute, elle ne produit que des freins, des comportements inadaptés, de l’humiliation, de la résistance, des retours en arrière et autres mécanismes de fuite. L’idée à garder en tête consiste justement à braver la peur. Là, on se donne une vraie chance d’avancer.

4. Enfin, la séparation peut se trouver enkystée par un deuil pathologique quant à la relation que formait les partenaires et leur histoire commune.

C’est à dire que, pour l’un des deux, la séparation et ses origines ont provoqué un traumatisme sur lequel se cristallise tout ce qui suivra. La personne ne parvient pas à dépasser la blessure initiale et puisqu’elle ne peut pas construire du nouveau, elle ne veut pas non plus se séparer du passé. Bien que devenu douloureux, le souvenir reste son seul référentiel et pour elle, cela vaut mieux que rien. Le traumatisme dont il est question ici est souvent lié à une vulnérabilité psychologique pré-existante. La personne est plus fragile face aux événements qui déstabilisent son équilibre; elle dispose de moins de ressources positives, telle que la confiance en soi, pour s’adapter aux changements. On retrouve souvent cette difficulté dans la séparation chez les personnes qui manifestent une modalité d’attachement à l’autre de type insécure ou qui portent en elles un fond anxieux permanent. Dans cette situation, n’hésitez pas à vous faire aider par une personne spécialisée dans le traitement des traumatismes psychiques**.

Toutes ces circonstances sont propres à générer des conflits et des souffrances souvent pires que la séparation elle-même. Toute l’énergie est mise au service de la lutte face aux attaques et n’est donc plus disponible pour la reconstruction.

Rappelons que tout être humain a le droit de reprendre son indépendance vis-à-vis d’un autre et que celui qui est quitté a le devoir pour lui-même d’accepter cette réalité. Le temps apaise le plus souvent les griefs qui mènent aux conflits. Pour autant, les marques qu’ils laissent auprès des tiers, notamment les enfants, peuvent se fixer en eux au point d’influencer leur futur parcours amoureux. Pour les en protéger, mon prochain article vous proposera quelques pistes pour apprendre à mieux cerner la sensibilité et les besoins des enfants dans de telles situations.

 

* Se reporter à l’article précédent, Les six étapes d’une bonne séparation

** Je vous conseille la méthode EMDR, reconnue comme particulièrement efficace sur ces problématiques

 

Par Orane BAYART-GOUIN

Psychologue clinicienne – Chercheur indépendant

http://psychologue-bayart-gouin.com

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