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Huit questions à se poser avant de renoncer à son couple (1)

SOS Divorce Séparation pour faire face aux crises conjugales et faire jouer vos droits !

Huit questions à se poser avant de renoncer à son couple (1)

Quand l’option du divorce se présente, le couple est généralement pris dans un cercle vicieux d’interactions négatives depuis des mois, voire des années.

 

L’impression de s’épuiser psychologiquement dans un bras de fer sans fin et la perte d’espoir qui accompagne cette situation peut amener l’un des conjoints ou les deux à souhaiter la séparation. Pourtant, la simplicité du cercle vicieux qui occupe le premier plan peut être trompeuse et masquer une problématique de fond plus complexe. Dans cet article, je vous propose huit questions pour vous aider à cerner cette complexité et à entrevoir les ouvertures qui en découlent. J’espère que les notions évoquées plus bas feront pour certains renaître l’espoir ou, le cas échéant, qu’elles vous aideront à trancher. Et pour offrir un format de lecture confortable, ce sujet, dense en informations, sera diffusé en deux parties (trois questions dans celui-ci, puis cinq dans le suivant).

1. Vos attentes sont-elles réalistes ?

Trop souvent, les partenaires attendent de leur conjoint qu’il réponde à tous leurs besoins : sécurité, proximité, communication, soutien, échange, valorisation, etc. Cependant, s’il est possible d’en satisfaire certains, la mission du conjoint n’est jamais de les combler tous. Lorsqu’une telle situation s’installe, quand les deux amoureux cherchent à se suffire l’un à l’autre, on parle de relation fusionnelle. Celle-ci s’avère adaptée dans les six à douze premiers mois d’une histoire, parce qu’elle permet d’accélérer la connaissance de l’autre et renforce le jeune couple face aux difficultés, telles que la distance géographique ou l’hostilité des familles. Mais, au-delà de cette première étape, la relation fusionnelle est à proscrire car elle enferme les partenaires dans un système d’interdépendance qui les épuise et les étouffe. Par ailleurs, le plus souvent, le couple fusionnel évolue vers une dualité dominant/dominé qui nuit à l’épanouissement de chacun. En bref, au long cours, la fusion ne profite pas au couple. Alors, bien sûr, vous pouvez exprimer à votre conjoint vos besoins les plus intimes, les plus fondamentaux, mais, même pétri d’amour pour vous, il n’est pas garanti que votre partenaire les comprenne et encore moins qu’il soit en mesure d’y répondre. Pourquoi ? Parce que certains ressentis, hérités de nos traumatismes d’enfant sont contreproductifs dans notre vie d’adulte. Vous les reconnaîtrez aisément grâce à leur intensité inappropriée et leur thématique : se sentir abandonné, négligé, méprisé, dévalorisé, soumis, écrasé, rejeté, sous-estimé, manipulé, étouffé, etc. Nos vieux démons se réveillent, de manière plus ou moins sournoise, dans notre vie de couple car, cette relation affective privilégiée fait écho à celle que nous avons vécue avec nos parents. Et, malheureusement, les attentes de réparation qui en découlent (être sécurisé, être valorisé, etc.) possèdent un pouvoir de nuisance réel. Si le conjoint tente d’y répondre sans discernement, il risque de faire basculer le couple dans un système d’interactions pathologiques. Par exemple, si l’un de mes parents m’a délaissé(e) dans l’enfance, je peux chercher un conjoint qui me place au centre de sa vie pour être sûr(e) que je ne me sentirais jamais plus délaissé(e). Mais, si je choisis mon conjoint pour être rassuré(e), que deviendra ma vie si, le temps faisant, celui-ci s’ouvre à d’autres centres d’intérêts (évolution somme toute très naturelle et même souhaitable) ? Si je ne parviens pas à m’adapter à ce changement, si cela fait naître en moi trop d’angoisses, je peux croire que j’ai choisi un mauvais partenaire alors qu’en réalité, c’est à moi d’intervenir sur mes besoins. Et, même dans le triste cas où mon partenaire sacrifierait son épanouissement personnel pour y répondre, cela ne suffirait pas non plus à me guérir définitivement de l’angoisse d’être délaissé(e) car la propriété de nos blessures d’enfance est que le comportement de l’autre est toujours impuissant à nous en libérer. Quelque soit le nombre de sacrifices, l’effet restera toujours circonscrit à un instant. Mes réclamations, abusives car elles ne tiennent pas compte des besoins “normaux” de mon conjoint, seront sans fin. Si cette question vous interpelle, faites l’effort d’identifier vos craintes surgies de l’enfance, celles qui donnent naissance à des attentes de réassurance excessives. Les mettre à jour vous permettra de déplacer votre besoin en dehors du couple, de trouver des moyens plus adaptés pour les soulager. Rappelez-vous : votre conjoint n’a pas pour mission de vous soigner de votre passé et réciproquement. Sur vos souffrances d’enfant, une écoute sincère, c’est déjà bien.

  1. Savez-vous que chaque qualité vaut un défaut ?

Toute personne dispose d’un ensemble de caractéristiques, de traits de personnalité, de centres d’intérêts, d’objets de curiosité plus ou moins prononcés. En fonction de la personne qui observe, ces éléments seront jugés comme des qualités ou comme des défauts. D’autres laisseront indifférents. Ce qui rend une personne aimable à nos yeux ne dépend donc pas d’une valeur absolue mais du regard que nous portons sur elle, sur la base de ce que nous sommes. Lorsqu’il y a conflit ou contrariété, notre perception peut être modifiée du fait de ce que nous ressentons en interne. Notre conjoint n’échappe pas à cette règle et, au détour de certains événements, son portrait peut nous apparaitre parfois terrifiant. Le plus souvent, c’est notre regard qui a changé sous l’influence de nos bouillonnements émotionnels. Le prisme s’est inversé : les qualités deviennent imperceptibles quand les défauts sont dramatisés. S’ajoute à cela une attitude de repli défensif chez le conjoint qui se sent attaqué et le conflit s’enflamme. Alors, il deviendrait tentant de rechercher une personne qui n’aurait, à nos yeux, que des qualités. Mais, cette option n’existe pas ! En réalité, chaque trait de personnalité (généreux, attentif…), chaque mode de fonctionnement (dans le contrôle, dans l’action, dans l’instinct…) correspond à une logique d’ensemble. Ainsi, quand vous identifiez une qualité chez votre conjoint, prenez conscience que cette caractéristique peut aussi, par moment, apparaître sous un angle qui vous conviendra moins. Cela fait partie du “package”. Dans un couple, il vous faut apprendre à accepter les composantes indésirables comme on tolère l’effet secondaire d’un traitement parce que, dans son effet premier, il nous profite ! Par exemple, dans un couple, l’homme aime quand sa femme le laisse prendre les décisions sur les sujets qui lui tiennent à cœur (destination de voyage, établissement scolaire des enfants…). Il se dit que sa femme est conciliante, qu’elle s’adapte facilement et aime qu’elle le laisse se faire plaisir sur ce qui compte pour lui. Il peut se sentir reconnaissant et en éprouver plus d’amour. A contrario, il ne serait pas juste que cet homme reproche à sa femme de ne pas prendre d’initiatives et de n’exprimer aucun désir personnel car il s’agit là “des défauts de ses qualités”. Il ne devrait pas non plus se plaindre de devoir porter le poids de certaines responsabilités alors qu’il est bien aise, le plus souvent, de décider de tout. Sachez également que, plus la caractéristique en question est marquée, plus les bénéfices et les inconvénients qui en découlent le seront aussi. Si la question de la séparation vous agite actuellement, n’oubliez pas de comptabiliser les qualités de votre partenaire pour relativiser ses défauts. Gardez en tête que, si votre conjoint pouvait se dispenser de ces traits de personnalité qui vous agacent, il ne serait plus en mesure, non plus, de vous faire profiter des qualités associées dont vous êtes heureux(se) de jouir aujourd’hui.

 

  1. Partagez-vous les mêmes valeurs essentielles sur le couple et la famille ?

La question des valeurs communes est fondamentale dans toutes les relations. Pour les identifier, sachez que tous les verbes, ou presque, peuvent correspondre à une valeur : partager, produire, progresser, contribuer, coopérer, posséder, etc. Nos valeurs propres, celles qui nous rendent heureux lorsqu’elles sont mises en action, se déterminent très tôt et nous guident dans nos choix tout au long de notre vie. Cependant, une même valeur peut se vivre différemment selon le contexte, les besoins du moment et la philosophie de la personne. Par exemple, si aider l’autre est une de mes valeurs dominantes, je peux être heureux(se) et me sentir utile dans l’aide apportée à un ami en difficulté. Mais, cela peut aussi me conduire à prendre des distances avec une personne que je considère égocentrée et indifférente dans sa relation à l’autre car son attitude est antagoniste à ma valeur, elle me gêne. Le nombre de valeurs dominantes communes aux deux conjoints détermine la force du lien et les qualités d’entraide que peut déployer le couple lors des preuves. Or, les apparences d’un conflit masquent parfois les valeurs en jeu et nous trompent dans l’interprétation des comportements observés. On peut s’imaginer poursuivre des buts opposés alors que le moteur est le même. Par exemple, la valeur protéger peut donner lieu à des applications opposées : pour protéger son enfant, un conjoint peut penser qu’il est bon de l’encourager à vivre des expériences variées car l’expérience est la meilleure des protections. Quand, pour l’autre partenaire, protéger son enfant revient à lui éviter toute forme de souffrance. Dans une telle situation, bien que les points de vue soient antagonistes, le désaccord n’est pas insoluble car les deux parents poursuivent le même but : ils souhaitent protéger leur enfant. Si vos valeurs fondamentales sont partagées, il existe certainement des solutions pour vous retrouver, comme développer une plus grande tolérance face aux conceptions de l’autre, mettre en place des compromis et négocier les oppositions. À l’inverse, je n’ai jamais vu un couple s’épanouir et grandir lorsque les valeurs des deux conjoints ne s’accordaient pas. Dans ces situations, chaque décision, chaque projet, chaque manière de résoudre un problème risque de générer un conflit. Dans un couple qui fonctionne, les partenaires se complètent dans leurs compétences et partagent leurs mêmes valeurs dominantes.

 

J’espère que ces premiers éléments sur la dynamique du couple auront su nourrir et stimuler votre réflexion. Nous évoquerons cinq autres thématiques clefs dans le prochain article : Huit questions à se poser avant de renoncer à son couple (2), publication par NewLife Lille dans quinze jours.

Par Orane BAYART-GOUIN

Psychologue clinicienne / Chercheur indépendant

http://psychologue-bayart-gouin.com

www.facebook.com/psychologueACT

 

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