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Huit questions à se poser avant de renoncer à son couple (2)

SOS Divorce Séparation pour faire face aux crises conjugales et faire jouer vos droits !

Huit questions à se poser avant de renoncer à son couple (2)

Cet article complète le précédent Huit questions à se poser avant de renoncer à son couple (1).

 

4.Etes-vous dans une crise existentielle, en dépression, burn out ou stress post traumatique ?

Nous traversons parfois des périodes au cours desquelles notre perception du monde change. Brutalement ou de manière insidieuse, notre regard se charge de pessimisme. Nous sommes déçus par la vie, fatalistes au point de nous sentir victimes de tout ce qui nous entoure. Ces éléments doivent vous interpeller : si le monde était tel qu’on le voie dans ces moments-là, toute l’humanité développerait des pensées suicidaires. Or, ce n’est pas le cas. En réalité, la noirceur de ce regard est due à un effondrement de l’humeur. La personne a peut-être été confronté(e) à une situation particulièrement difficile (comme un deuil, la perte de son emploi…), bouleversante, traumatisante ou encore, une situation qui l’aura épuisée à la longue. Et malheureusement, le fait de se réveiller dans un monde qui parait soudain indifférent et perverti ne choque pas. La personne continue de se sentir pleinement elle-même jusqu’à croire qu’elle n’a jamais été aussi lucide sur sa vie. Ce phénomène psychologique indésirable s’appelle le déni. Dans le contexte d’une humeur dépressive, il favorise les idées noires et une pensée binaire, sans nuances. Il nous trompe sur nos sentiments. Voilà pourquoi, dans une telle situation, je conseille en premier lieu de se fixer comme objectif la reconquête d’un meilleur mental, plus serein, positif et nuancé. Avant de remettre en question toute notre vie ou notre couple, il sera plus sage de commencer par s’intéresser à ce que nous pouvons faire changer en nous. Concentrez-vous sur ce qui peut vous nourrir, vous réparer, vous ressourcer, vous tout seul (un voyage initiatique, le loisir dont vous rêvez, un rôle dans une association, une formation, un défi, une reconquête, etc.). Vos changements intérieurs pourront à leur tour profiter à votre conjoint qui pourrait se saisir des bouleversements produits sur la routine pour apporter, à sa façon, une forme de renouveau dans votre couple. Donc, soyez vigilant : la recherche d’une vie plus épanouissante ne passe pas nécessairement par la destruction ou la rupture. Il s’agit d’abord de se reconstruire, soi-même.

 

5.Avez-vous vraiment tout essayé ?

Lorsque la question de la séparation se pose, l’insatisfaction dans le couple est souvent installée depuis longtemps ou revient de manière récurrente. Mais, le temps monopolisé par les conflits, la frustration, la prise de distance et les règlements de compte n’a, logiquement, pas été mis à profit pour intervenir sur la problématique de fond. Pour s’attaquer à cette dernière, il n’existe qu’une option : créer du changement ! Les conjoints s’imaginent trop souvent que réprimer un fonctionnement routinier ou forcer l’adoption d’un comportement souhaité par le conjoint ramènera la paix au sein du couple. Mais, cette croyance est erronée. Sans une volonté profonde de changement, toutes les solutions qui supposent d’adopter un comportement forcé sont vouées tôt ou tard à un retour à l’état d’origine. Et ce retour aggrave souvent la situation car, au-delà des effets du comportement lui-même, s’ajoute le désespoir d’en revenir toujours au même point. Pour dépasser, vraiment, une crise de couple, il faut effacer l’ardoise des rancunes et parvenir à créer du nouveau, à inverser les rôles entre les partenaires, les priorités, les points de focalisation et redéfinir le contrat tacite de bonne entente. Par exemple, imaginons un couple où la femme serait affectivement dépendante de son partenaire et en charge de l’intendance domestique quand l’homme prendrait les décisions quant aux aspects matériels tout en se tenant à distance du quotidien familial. Pour ce couple, si une crise se présente, il serait bon de pousser le conjoint dépendant à s’émanciper. Cela peut amener le partenaire en contrôle à vaciller dans ses certitudes jusqu’à retrouver une forme de désir pour sa compagne qui ne lui est plus aussi soumise qu’il l’aurait cru. En prime, la reconquête de celle-ci le conduira à s’investir davantage dans la vie de famille, ce qui profitera aussi aux enfants. Si vous souhaitez donner une vraie chance à votre couple et raviver les sentiments, trouvez son point d’accroche et faites-le bouger.

6.L’un de vous est-il psychologiquement rigide ? Et si c’était vous : pourriez-vous envisager de travailler sur cet aspect de votre personnalité ?

La rigidité psychologique se traduit par une impossibilité à se remettre en question, sauf à s’en trouver submergé par l’angoisse. Pour se convaincre et convaincre les autres, la personne peut aller jusqu’à paraître insensible et avancer des arguments absurdes. L’important n’est pas la crédibilité du propos; l’important c’est d’avoir toujours raison, de sauver la face. La personne alcoolique, par exemple, développe une grande rigidité psychologique pour protéger son ego, malmené par les situations d’humiliation vécues au quotidien. Si l’un des partenaires se trouve dans cette rigidité, la qualité de la vie conjugale est largement compromise car l’expression d’une empathie sincère, le soutien sans jugement, la négociation, les compromis, l’authenticité seront mis en échec. Cette forme de dureté psychologique ne permet pas la réciprocité et, à ce titre, elle condamne l’épanouissement du conjoint. Pour que le couple puisse s’inscrire dans le temps, il faut que le partenaire de la personne rigide accepte de s’en faire une raison, qu’elle trouve des arrangements avec elle-même pour considérer que, somme toute, maintenir cette relation n’est pas sans intérêt pour elle. Peut-être qu’à ses yeux, le partage des sentiments et le soutien inconditionnel apparaissent secondaires. L’analyse de ces situations doit donc se faire au cas pas cas, en fonction de la marge de tolérance du conjoint. Mais, si l’indulgence de celui-ci prolonge la durée de vie du couple, elle ne sort jamais les conjoints de la souffrance. Dans le cas de l’addiction en particulier, je constate que le couple s’engage toujours dans une dégradation progressive de la relation car l’addiction est un processus qui, faute de pouvoir trouver un équilibre, s’aggrave. Dans un couple, chacun est responsable de ce qu’il ne donne pas à l’autre. Pour celui qui ne reçoit pas, à moins d’avoir le goût du sacrifice, il faudra un jour fixer des limites à son indulgence car, parfois, se quitter en aidera au moins un sur les deux.

 

7.Attention à la fausse bonne question : est-ce que je l’aime toujours ?

Répondre par “oui” ou par “non” à cette question ne devrait pas tenir lieu d’argument dans la décision de se séparer. Pourquoi ? Parce qu’une personne peut être amoureuse sans être aimée en retour; ce qu’elle ressent n’est donc pas suffisant. Dans d’autres situations, les deux partenaires sont toujours amoureux l’un de l’autre mais cela ne suffira évidemment jamais à compenser divers dysfonctionnements majeurs dans le couple. Soit encore la situation dans laquelle, l’un ou l’autre doute de ce qu’il ressent pour son conjoint jusqu’à en déduire qu’il n’est plus amoureux ou en voie de ne plus l’être. Quoi qu’il en soit réellement, en période de crise, il est impossible d’y voir clair. Si votre couple est en difficulté, vous êtes sans doute tous les deux trop envahis par le négatif pour accéder à vos sentiments profonds. D’autres fois, si les partenaires se sont éloignés avec le temps, les sentiments peuvent avoir été mis en veille. Et il est alors possible de croire que l’on ne s’aime plus faute de produire les occasions de le ressentir. Bien sûr, le sentiment amoureux est nécessaire mais il est difficile à cerner et, dans tous les cas, il n’est jamais suffisant. Aussi, tenter de répondre à cette question pour justifier la décision de se quitter, c’est un peu comme de se demander si l’on a faim avant de se servir un grand verre d’eau.

 

8.Avez-vous négligé votre sexualité ?

Il existe toutes sortes de rapports à la sexualité. Cependant, dans notre culture, elle est très majoritairement considérée comme une dimension que les partenaires se réservent en exclusivité. Et cette disposition est très profitable au couple. D’une part, les partenaires développent une complicité toute singulière en s’offrant l’un à l’autre ce qu’ils ont de plus intime. Et, d’autre part, ils peuvent aisément distinguer le lien qui les unit de toutes les autres relations qu’ils entretiennent. Aussi, lorsqu’un couple se prive de sexualité, quelles qu’en soient les raisons, il se met lui-même en péril. Et les pièges ne manquent pas car les conflits entre partenaires ont le chic pour venir s’immiscer sur le terrain de la sexualité dont ils détournent la fonction : de rapports charnels qui consolident le lien amoureux et favorisent la complicité, la sexualité devient bien souvent l’outil d’un chantage, d’une vengeance ou d’une punition. Gardez ainsi en conscience que la privation de sexualité n’œuvre qu’à éloigner davantage les partenaires l’un de l’autre. Voilà tout ce qu’elle vous apportera ! Cette frustration empêche la résolution des conflits, aggrave la crise et créer les conditions de déculpabilisation qui facilitent le grand saut vers l’adultère. Alors, ne sous-estimez pas l’importance de la sexualité dans votre couple et préservez la de revêtir cette fonction “guerrière”. Après une crise, pour les deux, il faudra veiller à ne pas confondre le désir avec l’acte, le plaisir avec la complicité et les moyens avec le but ; il faudra pour les deux redoubler d’indulgence et oublier ses positions individuelles pour adopter un objectif commun : donnez une chance à son couple, objectif pour lequel chacun s’engage à concéder certains efforts et renoncements. L’exercice est certes difficile mais, comme pour tout ce qui se mérite, le bénéfice a en tirer n’a pas de prix !

 

Le couple est une entité particulièrement complexe, chacun formant sa propre alchimie. Il est ainsi difficile de développer le sujet de son épanouissement sur la base de principes généraux. J’espère toutefois qu’à travers ces questions, vous aurez perçu qu’une seule condition s’avère toujours indispensable : le désir partagé de nourrir la complicité qui unit les deux partenaires. En définitive, c’est elle votre trésor, prenez-en soin !

 

Par Orane BAYART-GOUIN

Psychologue clinicienne / Chercheur indépendant

 

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