+33 766 415 559
newlifelille @ gmail.com

Les enfants dans le divorce

SOS Divorce Séparation pour faire face aux crises conjugales et faire jouer vos droits !

Les enfants dans le divorce

enfants du divorce

Si à notre époque le divorce n’est plus associé à la honte, à l’échec ou au scandale, il n’en reste pas moins, pour l’enfant, un événement majeur de sa propre histoire.

Pour l’aider à surmonter la disparition de l’unité familiale et celle du couple parental en tant que modèles et entités sécurisantes, il faut commencer par comprendre l’enfant et ses besoins.

 Tout d’abord, rappelons qu’il vit dans le moment présent, ce qui est à la fois sa chance et son point faible. Sa chance parce qu’il n’est pas envahi en permanence de pensées anxieuses et autres préoccupations. Ainsi, il peut traverser une épreuve redoutable en toile de fond et, le temps d’une activité, rire et s’amuser sans retenue ; ses émotions, souvent très intenses, sont en phase avec son environnement immédiat. Mais, vivre dans le présent, c’est aussi son point faible car, avec peu d’expériences de la vie, l’enfant n’est pas capable, par lui-même de prendre le recul nécessaire sur les événements. Il est encore impuissant à relativiser ce qui l’inquiète, le blesse ou le vexe. Ce travail de distanciation, qui permet de dédramatiser et qui, par conséquent, rassure l’enfant, relève d’un apprentissage. Celui-ci se construit progressivement sur le modèle du discours bienveillant des parents, chaque fois qu’ils consolent leur enfant. En attendant de parvenir à appliquer ce procédé pour lui-même, l’enfant se croit toujours responsable de tout ce qui se produit autour de lui. Cela parce qu’il comprend qu’il peut influer sur le monde alors qu’il ne maîtrise pas encore la logique de toutes les causalités en jeu. Par ailleurs, il demeure un être en construction et mesure le chemin qui lui reste à parcourir avant l’âge adulte. Se voyant souvent plus petit qu’il ne l’est, l’enfant tend à surestimer les obstacles à franchir avant ce stade d’autonomie. Pour cette raison, il a besoin de recevoir les encouragements de ses parents, de sentir leur confiance en ses capacités, en son devenir. En d’autres mots, il a besoin de sécurité affective,  de pouvoir se dire : “quoi que je fasse, quoi que je dise, quelques soient mes intérêts, mes avis et mes choix, je sais que mon parent m’aime”.

 À partir de cette esquisse de ce qu’est la dynamique psychique de l’enfant et de ses besoins, voici quelques conseils pour le préserver au mieux lors d’un divorce :

1. Les parents, au moment de la séparation, peuvent vivre comme une délivrance la fin de certains rituels familiaux; leur disparition représente parfois, pour l’un et l’autre, l’occasion d’affirmer leur individualité, leur rupture identitaire d’avec l’ex-conjoint. Mais, cette situation représente aussi, pour l’enfant, la perte de nombreux repères qui le plonge dans un difficile processus de deuil (les moments en famille, les habitudes, les lieux d’ancrage comme l’école ou certains environnements, tels un lieu de vacances ou le voisinage). Sans se culpabiliser, le parent bienveillant pourra entendre la douleur qui accompagne ces pertes, sans la nier ni la minimiser; il pourra comprendre que l’enfant est malheureux pour ce qu’il perd, lui, “à cause” de la séparation de ses parents. Souvenez-vous également qu’un deuil ne se fait pas en un jour et que la douleur est souvent plus intense à distance. C’est à dire que l’enfant peut réagir assez sereinement quand on lui annonce que les vacances seront différentes cette année et s’effondrer deux mois plus tard, quand la situation lui permet de mieux saisir la disparition de son repère. La perte des repères induit également l’apparition de nouveautés. Et là encore, l’enfant devra fournir des efforts pour s’adapter à divers changements qu’il n’a pas souhaités et qui, faute de pouvoir s’organiser autrement, lui sont même bien souvent imposés. Aussi, assurez-vous au moins que l’enfant ne doute pas de votre estime ni de votre soutien. La question de la place qui lui est réservée par chacun des parents doit se présenter comme une évidence. C’est ainsi que vous pourrez le protéger de développer un très douloureux sentiment d’abandon.

 

2. Mon deuxième conseil découle de ce constat : l’enfant est déjà suffisamment dépendant du couple parental pour ne pas le mêler, en plus, aux problématiques du couple amoureux. Ces situations où les blessures intimes deviennent l’objet d’un débat public peuvent générer, chez l’enfant, d’insurmontables conflits de loyauté. Pour vous en prémunir, je vous propose cet exercice : notez l’ensemble des points de crispation – passés, présents, probablement à venir – relatifs à votre ancien couple (faits, propos, interprétations, etc.), tout ce qui vous est douloureux pour vous et qui vous fait réagir. Puis, classez-les selon qu’ils relèvent de la sphère parentale (valeurs, éducation, partage des tâches, besoins, transmission, etc.), familiale (valeurs, environnement culturel et social, organisation, projets, rapports avec la famille élargie) ou amoureuse (valeurs, engagement affectif, partages intimes, libertés, reconnaissance, etc). Maintenant que vous identifiez clairement le registre auquel appartient chaque point de difficulté, veillez à ce que, jamais de leur jeunes années, vos enfants ne puissent accéder à ce qui concerne les éléments négatifs/douloureux de votre univers amoureux. Motivé(e) par la volonté de préserver votre enfant, vous trouverez la force de justifier la séparation d’une manière plus neutre. Vous pourrez dire, par exemple : les sentiments se sont éteints/ les projets, les besoins devenaient incompatibles/nous avons évolué différemment, etc.

 

3. Pour autant, il faut comprendre que, quelques soient vos efforts et même, qu’il y ait eu séparation ou pas, l’enfant développera toujours sa propre philosophie du couple en écho au contexte dans lequel il a grandi : les objectifs à poursuivre, les écueils à éviter, les conflits à dépasser, les limites à se donner, etc. Votre enfant observe votre couple, sa dynamique, son évolution, ses difficultés et analyse vos attitudes respectives lors de la séparation. Avant 10 ans déjà, il en tire des jugements, des certitudes et des croyances qui construisent progressivement son idéal du couple. Plus la séparation se passe mal, plus il y a de risques que l’enfant s’enferme dans des idées rigides et des principes erronés. Montrez-lui plutôt, par votre propre comportement, et à travers vos choix, que la vie est pleine de nuances et qu’il est possible d’évoluer, même quand on a beaucoup souffert.

 

4. Il s’agit aussi de garder la teneur des conflits pour vous afin d’épargner à l’enfant d’avoir à choisir un parti, de se donner la mission de protéger un parent ou d’en punir l’autre. Ses deux parents font partis de lui; en choisir un revient à s’écarteler soi-même. Gardez en tête que tous les accords que vous parviendrez à établir avec votre ex-conjoint seront autant de déclarations d’amour à l’adresse de vos enfants. Si vous souffrez toujours de la rupture, rappelez-vous que vous ne trouverez aucun apaisement ni aucune réparation en entretenant la guerre autour de la question des enfants. L’apaisement, comme la reconstruction saine et durable du parent après l’épreuve de la séparation, dépend avant tout de la qualité du réinvestissement de sa sphère individuelle. Bien sûr, il apparait injuste d’être séparé(e) de ses enfants la moitié du temps, voire davantage, pour celui qui subit la séparation. Mais, s’arracher les enfants n’en représente pas moins un déplacement du problème, notamment parce que la question de la justice reste toute relative dans la problématique du divorce. Développez plutôt une philosophie pour vous aider à éviter le combat et soyez créatif pour favoriser la négociation. Pour éviter la frustration, n’attendez pas que la justice tranche entre le bien et le mal dans cette procédure du divorce ni qu’elle prenne en compte votre douleur puisque sa mission se résume à séparer deux individus.

 

5. Enfin, plusieurs attitudes seront bénéfiques pour les enfants, comme autant de moyens de sécurisation sur le plan affectif. D’abord préservez-vous, prenez soin de vous car la souffrance psychologique peut changer un parent et par conséquent, perturber l’enfant. Dans certains cas, ce dernier ne parvient même plus à reconnaître son parent, plongé dans la noirceur de la dépression, dans la dépendance à l’alcool ou dans une colère excessive permanente. Ensuite, travaillez la question de la bienveillance, même vis à vis de votre ex-conjoint et malgré vos rancunes. Les efforts que vous réaliserez envers lui/elle vous rendront au centuple pour vous-même toute la dignité et la grandeur d’une telle attitude. De plus, vos efforts pourront constituer un modèle positif pour vos enfants; grâce à vous, ils sauront comment se comporter avec intelligence face aux difficultés de la vie.

Pour conclure, quelque soit la souffrance générée par la séparation, adopter un comportement adulte, responsable et respectueux avec son ex-conjoint n’est pas se faire marcher dessus ni tendre l’autre joue. C’est  simplement penser à ses enfants, les préserver. Je précise que la problématique des adolescents varie en partie de cet exposé qui ne traite que des enfants (entre 2/3 ans et 11 ou 12 ans). Sans lien logique, je vous proposerai dans le prochain article, qui sera aussi le dernier de cette série, quelques pistes sur les bonnes questions à se poser avant de choisir de se séparer/divorcer.

Attention : les conseils contenus dans cet article ne concernent pas la séparation d’avec un conjoint dépendant ou pervers (ces données modifient en partie, voire toute la situation et nécessiteraient un article qui leur soit spécialement dédiées).

 

Orane BAYART-GOUIN

Psychologue clinicienne

Chercheur indépendant

http://psychologue-bayart-gouin.com

www.facebook.com/psychologueACT

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *